À propos

Samuel Brussell est né à Haifa en 1956. Petite enfance en partie dans un kibbutz, en partie aux bons soins d’une nounou roumaine.

En 1960, s’envole avec sa mère pour Paris. Apprentissage de la vie en France à Meudon.

De l’automne 1960 au printemps 1969, suit le nouveau chef de famille au cours de ses fréquents déplacements professionnels, d’un chantier à l’autre : pays basque français et espagnol, Provence, Alsace, Lorraine, Bretagne. Ne séjourne jamais plus d’une saison dans un endroit.

Pendant ces années nomades, la famille vit la plupart du temps dans une caravane. C’est dans les terrains de camping, à la périphérie des villes, que le jeune Samuel rencontre tout un monde de marginaux : gitans, gens du cirque et forains, dont il se sent très proche. Il fréquente cette faune humaine de jour comme de nuit et se découvre en leur compagnie une vocation de liberté et d’indépendance dont il ne guérira jamais.

Mai 1969 : à la suite de divers vagabondages, est placé dans un centre d’éducation et de rééducation dans un village du Finistère.

Août 1970 : un accident lors d’un travail de ramassage de pommes de terre lui rend la liberté ; se retrouve dans une maison de convalescence dans la Brie.

Au printemps 1971, rejoint sa mère à Nice, où il effectue un dernier trimestre de scolarité au collège. Entreprend, l’été de la même année, un tour d’Europe de plusieurs mois en auto-stop, qui le conduira en Italie, en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique.

A son retour, abandonne définitivement la scolarité et rejoint Paris, où il fait la rencontre de Raymond Queneau, à qui il rendra visite régulièrement à son bureau de la rue Sébastien Bottin de 1973 à 1976.

De 1976 à 1981, quitte Paris pour Bruxelles, puis Londres ; va à la rencontre de Joseph Brodsky à New-York ; séjourne à Montréal et à San Francisco.

Retourne en Europe, vit quelque temps à Londres, où il s’initie à l’art du journalisme sous la houlette d’Auberon Waugh. Tentatives de séjour à Dublin et à Naples avant de revenir à Paris.

Entreprend de fréquents voyages dans les républiques socialistes de l’est de l’Europe (R.D.A., Roumanie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne) et écrit ses premiers reportages qui ne seront pas publiés.

À la fin des années 80, Franco Fortini publie ses premiers écrits dans L’Almanacco dello Specchio, chez Mondadori, à Milan.

Fait la connaissance de Jean-Paul Bertrand et devient lecteur pour les éditions du Rocher à Paris, où il publie des inédits de Somerset Maugham, Shiva Naipaul, John Dos Passos.

En 1992, fonde sa maison d’édition, Anatolia, où paraîtront une quarantaine de titres jusqu’en 1996 parmi lesquels des essais de Karl Popper, Joseph Brodsky et Fernando Pessoa, des mémoires de Mary Frances Kennedy Fisher et Joseph Skvorecky, des livres d’humour de Graham Chapman, P. G. Wodehouse et Liam O’Flaherty.

Début 1997, lance le journal Le Lecteur à Montpellier, dont il publiera dix numéros, pour s’interrompre au printemps 1998. Simultanément, relance Anatolia au sein des éditions du Rocher, où il publiera en huit ans quelque 200 titres parmi lesquels les romans de Sergueï Dovlatov, les aphorismes de Nicolas Gòmez-Dàvila et Jeremias Gotthelf, les feuilletons de Joseph Roth et Alfred Polgar, les souvenirs de Zinaïda Hippius, Marina Tsvetaïeva et Anthony Cronin, les poèmes de D.H. Lawrence, Emanuel Carnevali, Derek Walcott, W.H. Auden, Gabriel Ferrater et Jaime Gil de Biedma, les chroniques de Jorge Luis Borges et les conversations de Joseph Brodsky… Le Lecteur reviendra en librairie avec trois numéros spéciaux sur la Belgique, V.S. Naipaul et Joseph Brodsky.

En 2006, il rejoint, à l’invitation de Vera Michalski, le groupe suisse Libella avec lequel il collabore jusqu’au printemps 2009, en publiant les mémoires d’Alexandre Granach et Venedikt Erofeev, les souvenirs de Bloomsbury de Richard Kennedy, les pensées de Samuel Johnson, les poèmes d’Andreï Biely, les essais de Patrick Kavanagh…

A l’automne 2009, il reprend une collaboration avec Jean-Paul Bertrand au sein du groupe Alphée où il édite Qui nous délivrera de Louis XIV?, un traité d’égotisme selon Stendhal, Au Pays flamand, un récit de voyage en Flandre française et belge d’Anthony Valabrègue, Discours sur Shakespeare et Monsieur de Voltaire, un pamphlet sur Voltaire de Giuseppe Baretti, sans oublier ses propres souvenirs d’aventurier des lettres avec Ma valise

Samuel Brussell est l’auteur de Généalogie de l’ère nouvelle (Grasset, 2005), Musique pour les vivants (Grasset, 2007, sélections Prix Renaudot et Prix du Livre européen catégorie Essais), Ma valise (Anatolia, 2010)…  Divertimento sabbatique (Anatolia, 2011, sélection Prix du Livre européen catégorie Romans), est le récit d’un voyage sentimental à travers l’Italie, pays que l’auteur fréquente depuis l’adolescence et qu’il redécouvre dans une dimension inattendue.

Son dernier livre, Journal du Huitième hiver, méditation sur un séjour de huit années passées en Suisse, paraîtra en avril 2012 à L’Age d’Homme.

Pour son prochain récit, il revisitera les villes et les lieux qui ont jalonné son parcours : Londres, New-York et Montréal, les Balkans, Naples et Jérusalem…

Il vit entre la Suisse et l’Italie.

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