Livres

DIS-MOI QUI JE SUIS

Grasset, 2015, 18€, 176 pages
ISBN 978-2-246-85888-1

C’est à Casablanca, au petit matin, dans une salle de jeux enfumée, et au milieu des éclats de rire des amazones qui juraient dans un arabe savoureux, que ce livre a jailli de ma mémoire. J’ai soudain imaginé le passé de cette ville où était née Tsippy, ma mère, et ce fut pour moi le début d’un long voyage.

« Dis-moi qui je suis », ai-je demandé à Tsippy.

Elle a souri. Et je n’ai eu qu’à la suivre dans ses errances, qui furent aussi les miennes. À travers elle, j’ai été ainsi de Casablanca à Haïfa, en passant par Paris et Marseille. Et j’ai revécu, au fil de son histoire, l’épopée sioniste, l’espérance de sa génération, ses défis et ses désarrois…

Au début des années 1960, j’ai atterri avec Tsippy à Paris et, quelque temps plus tard, c’est dans cette ville que je fis mon apprentissage de la liberté en compagnie de quelques âmes généreuses : un éminent écrivain français, un cinéaste anarchisant de l’après 68, un acteur qui jouait encore la comédie même quand il cessait d’être un acteur, un dramaturge venu de l’autre hémisphère et qui fit de ses vices une comédie à répétition…

Tous – et tant d’autres – furent mes éclaireurs sur le chemin de la vie. Ce livre veut leur dire ma gratitude. C’est à eux, et à Tsippy, que je dois, pour le meilleur et le pire, d’être ce que je suis.

>> Quelques extraits de DIS-MOI QUI JE SUIS


HALTE SUR LE PARCOURShalte

Poèmes

La Baconnière, 2015, 160 pages, 16€
ISBN 978-2-940431-38-0

« L’idée du cosmopolitisme, si présente dans ses vers, introduit des interférences continuelles de l’une à l’autre langue, de l’une à l’autre partie du monde. […] Mais la foi de Brussell ne réside pas, ou pas seulement, dans cette quête où il part à la recherche de son passé à travers les gares et les hôtels de l’Europe centrale, recherche qui lui a fait écrire quelques-uns de ses meilleurs poèmes (Mémoire, Halte sur le parcours, Passage à Vienne). Il y a dans ses écrits […] un sentiment passionnel pour la vie concrète, corporelle, qui émane de la création, des êtres, de leur misère sublime ; le désir de dépasser cette contingence pour arriver à l’horizon d’une morale concrète, d’une beauté “humble”, une idée pas très éloignée de ce qu’un temps Saba proposait comme “une poésie honnête” ; enfin, un au-delà de la poésie elle-même, qui voudrait transfigurer la réalité. » (Préface de Franco Fortini à l’édition de l’Almanacco dello Specchio.

>> Quelques choix de Poèmes d’HALTE SUR LE PARCOURS


SOLILOQUES DE L’EXIL

Grasset, 2014, 18€, 208 pages
ISBN 978-2-246-85150-9

Aux premiers jours de l’automne, le narrateur se replie dans une pension d’un bourg du Léman pour relire le manuscrit d’un voyage en Italie et, dans ses carnets et feuillets épars, découvre la trame d’un récit inachevé. Le livre ainsi au fil de la lecture retrouve son ordre naturel et dévoile l’idée originelle qu’il portait en lui. Les papiers appellent des souvenirs, les souvenirs prennent la forme de conversations et les rencontres imprévues écrivent prologue et épilogue d’une histoire restée en suspens, qui se répand autour de nouveaux interludes.

Ces pages sont le théâtre de vingt apparitions : dans les confessions de Fellini l’auteur reconnaît son enfance nomade. Edward Gibbon répond en écho à l’esprit soviétique d’un financier des temps modernes et Eric Rohmer s’épanche sur la beauté dans un manifeste qui trône entre deux pots de confiture dans une cuisine genevoise. Le romancier russe Edichka Limonov s’échappe de la biographie de son hagiographe parisien et le comique Stéphane Hessel est canonisé avec les honneurs militaires. Enfin, Sholem Aleykhem envoie au diable Darwin et ses théories fumeuses. Et, comme au théâtre, les décors changent avec les scènes : on traverse le grand bazar oriental de Golders Green à Londres, on respire l’air frais du Gornergrat à Zermatt, on philosophe sur la révolution en compagnie du chat Tchorny à Paris et, dans une chambre d’hôtel du Zurichberg, le cri d’un paon en émoi que s’exerce à pousser une écrivaine zurichoise une nuit, à la fenêtre, manque de tourner à l’affaire de mœurs…

>> Lire quelques extraits des SOLILOQUES DE L’EXIL

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