Tentatives d’amitiés dans une possible patrie

Posted on 17 décembre 2011

En tout lieu, j’ai besoin d’un écrivain ami qui m’accompagne et m’aide à m’acclimater à l’air du temps. Chaque soir, je me glisse avec joie dans mon lit et me plonge dans la lecture des chroniques de mon cher Gasparo Gozzi, un des écrivains les plus agréables, les plus délicats que l’on puisse lire en italien. Je jouis alors d’une délicieuse conversation. J’aime Gozzi quand il répond aux censeurs de son temps : « Eh, quoi ? s’exclame-t-il, vous me demandez de quel droit je traite dans mes chroniques des sujets aussi divers, et qui je suis pour rapporter mille anecdotes glanées ça et là au détour des calli de cette Venise qui finira par avoir ma peau ? Mais ai-je besoin d’un titre, d’une permission pour donner libre cours à mon imagination ? Je n’ai d’autre but, en écrivant ces feuilles, que de me distraire aimablement et donner du plaisir à mes quelques lecteurs… Mes propos, que certains [ses censeurs, c’est-à-dire les gens de lettres et de cour] jugent frivoles, reprend Gozzi, ne sont frivoles que par la fantaisie du sujet que je me choisis. » Gozzi invoque souvent Horace, dont on retrouve ici des échos du dialogue avec le jurisconsulte Trébatius, et il rend hommage en maints endroits à la douceur du style du poète romain dont il s’inspire avec bonheur. Le parfum de l’ironie se répand dans presque tout ce qu’il écrit et il comptait sur l’intelligence et la bonne humeur de ses lecteurs qui, disait-il, devaient être les premiers à rire de bon cœur des aimables facéties dont ils étaient victimes. Hélas, on craint que ses amis vénitiens ne lui aient donné le même conseil que Trébatius fit à Horace : « Trebati, quid faciam ? Dis-moi ce que je dois faire ? demanda le poète à son ami. — Quiescas, te tenir tranquille, lui répondit Trébatius. — C’est-à-dire ne plus écrire un vers, c’est le conseil que tu me donnes ? — Aio, tout juste. (…) Si vraiment tu ne peux te retenir d’écrire, alors chante les victoires de César et ton talent sera généreusement récompensé. »

Gozzi savait rire des princes et des ruffians, des bigots et des libertins… sans s’oublier lui-même… « Mon livre, ce n’est rien d’autre que moi-même » : cette généreuse déclaration de l’auteur nous invite à partager les mouvements de son cœur et les humeurs de son esprit. Rire de notre semblable ou de soi-même, au fond, c’est faire preuve de compassion pour l’homme, « qui n’est digne que de pitié ».

Depuis que je suis arrivé à Venise, cette possible patrie, je me suis lancé dans quelques tentatives d’amitiés, sur le conseil de l’amie lettrée russe qui me donne depuis Londres des cours de vie sociale. « Tu appelleras le comte et tu lui demanderas de te montrer la chambre où dormait Brodsky, ça l’amusera… Pendant vingt ans, il s’est livré à ce rite avec tous ses hôtes. Et aussi l’artiste américain, qui a fait le portrait de Joseph, il sera sûrement ravi de te parler… et je t’en prie, sois un gentleman avec Katia, même si elle est a des allures de gauche… prends ça avec fantaisie… c’est une artiste… elle doit bien vivre… »

« Pronto ! Signor Conte ? » J’entendis en réponse quelques mots d’italien trempés d’un fort accent américain. Je commençai à m’embrouiller dans l’appareil. C’était l’artiste, j’avais inversé les numéros. Nous passâmes à l’anglais. « Excuse mesome confusion… C’est une amie commune qui m’a donné votre numéro… son nom ? Valentina… La voix s’éleva à l’autre bout de la ligne. — Valentina n’est certainement pas une amie commune… votre amie, peut-être ! Good night ! » Bruit sec du récepteur que l’on raccroche. Je ne me laissais pas abattre. « Pronto ! Signor Conte ? » J’avais laissé un message sur le répondeur, suffisamment confus pour qu’il me rappelât. « C’est gentil à vous de me rappeler… J’avais lu il y a vingt ans le poème que Brodsky a écrit sur votre palazzo… — Ah… Je ne sais pas ce que je pourrais vous dire de nouveau… me dit le comte d’une voix lasse. Depuis vingt ans que je fais visiter le palazzo, j’ai dit tout ce que j’avais à dire… — Mais on pourrait peut-être parler de vos ancêtres ? improvisai-je. Vous êtes un noble… vous appartenez à l’Histoire de cette cité… » La voix passa du timbre de la lassitude à celui de la perplexité. Il se donna du temps : « Appelez-moi après les fêtes… »

« Je suis désolé, me dit Valentina au téléphone, j’avais voulu laisser une chance à cet américain… pour voir s’il allait se rattraper… — Lui donner une chance de se rattraper ? Je ne comprenais pas. — Oh, Boje moï, je l’avais interviewé pour mon livre d’entretiens autour de Brodsky… à la fin, je n’ai pas pu me résoudre à inclure son interview et il ne m’a plus adressé la parole… Dieu le bénisse »…

Je pouvais me vanter auprès de la veuve de Piotr Vaïl, Elvira, d’avoir édité en français dix ans plus tôt un livre de son mari. Elle fut surprise de l’apprendre, elle n’en avait jamais reçu un seul exemplaire. « Passez à la maison dimanche vers midi, je préparerai quelque chose à déjeuner, m’avait dit Ellia. Et je vous montrerai les archives de Petja… » Ces archives me faisaient rêver… Tous les écrivains de la troisième vague de l’émigration russe y étaient… Dovlatov et Brodsky au premier plan… Je l’appelais la veille pour lui dire que j’étais pris ce jour là, pour je ne sais plus quelle raison, jusque vers quatre heures de l’après-midi. « Très bien, venez à quatre heures… » me dit-elle sans état d’âme. J’arrivais chez Ellia, du côté de l’Arsenal, quand la nuit tombait déjà. Elle m’introduisit dans la cuisine et fit chauffer le repas en me demandant d’ouvrir une bouteille de vin. Puis nous passâmes du côté des archives, un verre à la main, dans le bureau. Nous commençâmes à ouvrir un livre après l’autre, à regarder les albums de photos, dûment classés par pays et par époque… quand soudain une odeur de brûlé commença à se répandre. « Ellia! Les pâtes! » m’écriai-je. À cinq heures de l’après midi nous faisions notre déjeuner, ou notre dîner, d’un plat de tagliatelle aux crevettes pratiquement calciné. Son fils appela pendant que nous faisions passer le repas avec le vin de Toscane. Il vivait à Rome, il venait de publier un roman historique en Italie, qu’il avait écrit en anglais. À un moment de la conversation, Ellia me tendit le téléphone : « Samoïl, tu veux parler à Serioja, juste une minute… » Je pris l’appareil et j’entendis une voix qui me dit : « Comment avez-vous rencontré ma mère? » Je répondis n’importe quoi, que je perfectionnais mon russe avec elle. Une semaine plus tard, j’appelai Ellia pour mettre en pratique cette idée, mais elle me demanda de rappeler la semaine d’après…

Katia m’avait envoyé un message : « Ce soir, nous avons une lecture de poésie à la Casa Goldoni, tu veux venir ? Je pourrais te présenter à des poètes locaux… » J’étais arrivé quelques minutes avant la séance. La salle était pleine. La gardienne me refusa fermement l’entrée. Mais je connais le mot magique dans le milieu de la Culture : « Je m’incline devant votre ordre, dis-je, mais me permettez-vous d’aller saluer l’organisatrice » ? — Ah, vous n’avez qu’à entrer… vous trouverez peut-être une place qui se libérera… » m’entendis-je dire alors d’une voix indulgente. Partout, c’est la même chose, cela a quelque chose de rassurant – il faut faire partie du milieu où l’on arrive, ne serait-ce que pour échanger un simple regard. J’étais assis à côté d’une Française qui allait lire un passage d’un auteur français. Je lui adressai quelques mots cordiaux dans sa langue, qui se trouvait, quelle coïncidence, être également la mienne. Elle insista pour parler italien, et alors je passai au romanesco.

Le moment le plus fort de cette soirée fut la lecture de quelques sestines de Dante. Le poète vénitien, avant de les lire avec une grande dextérité, rendit fort opportunément hommage à l’originalité de ce genre poétique et aux poètes qui chantèrent en ces vers, comme le troubadour provençal Arnaut Daniel, le « meglior fabbro del parlar materno », « le meilleur poète de sa langue », que Dante fait parler en occitan dans un des chants du Purgatoire :

« Ieu sui Arnaut, que plor e vau cantan…

Sovenha vos a temps de ma dolor… »

« Je suis Arnaut, qui pleure et va chantant…

En des temps opportuns, souvenez-vous de ma douleur… »

L’autre grand moment de la soirée fut le Requiem d’Akhmatova, récité par Katia, qui connaissait ces vers de mémoire, en bonne Russe. Réciter ces vers, pensais-je, c’est entourer les morts de notre chaleur, de notre amour – c’est nous réchauffer à leur présence.

Comme nous quittions la salle à la fin de la séance, Katia me rattrapa dans l’escalier. « Tu ne vas pas t’échapper, maintenant ? Tu viens avec nous, on va manger une pizza… » J’étais heureux de suivre ce cercle cosmopolite de province : des Vénitiens, un Israëlien, une Russe, des Anglais, un Gallois, une Espagnole, un Persan… Je découvrais que c’était peut-être cela, mon idéal, au fond…

La pizzeria était tenue par des Géorgiens. Tout ce monde parlait l’italien, hérissé d’une foule d’accents. Seule la serveuse prenait les commandes en vénitien. À mes côtés, un couple de parisiens s’entretenait d’un point de vue stratégique sur leurs respectives productions littéraires. « Il me faut deux mois pour écrire un roman… Tous les grands écrivains écrivaient super vite, je te dis pas… Balzac torchait ses romans en quelques semaines… J’ai trouvé un truc pour gagner du temps, j’écris mes romans tout en dialogues maintenant, comme ça j’ai un produit prêt pour le théâtre, le cinéma… — On devrait obliger les homosexuels à se marier, pour qu’ils en bavent comme nous quand on divorce… » l’interrompit sa camarade à brûle pourpoint. Katia m’avait demandé d’avoir de la compassion pour un vieux ponte stalinien de l’université locale. « Katia, pardonne-moi, j’ai pas envie ! » lui avais-je répondu. Je voulus saisir l’occasion de me rattraper et me livrai à un exercice de compassion avec les deux spéculateurs littéraires. Je leur adressai cordialement la parole en français. Ils me répondirent dans un italien écorché, feignant de me prendre pour un Italien (peut-être le pensaient-ils vraiment, après tout). Je cherchai quelque autre interlocuteur. Un vieux monsieur italien qui avait lu un poème en hébreu « avec l’accent ashkenazite, sinon on perd tout le sens », avait-il tenu à préciser, partageait une conversation fort gaie avec une vénitienne. Je n’eus qu’à leur sourire pour qu’ils m’accueillent en leur compagnie :

« Donata, se présenta la vénitienne. — La dernière Donata que j’ai rencontrée m’a déclaré sa flamme antisioniste dans un élan nymphomaniaque, lui confiai-je. — Ces choses là sont souvent liées, les névroses sexuelles et politiques, me dit-elle sans se décomposer le moins du monde. Ne vous inquiétez pas, pour ma part, je n’ai que des désirs simples », ajouta-t-elle avec un sourire enjôleur. Donata avait un doge parmi ses ancêtres. Amos, lui, était un romain dont la famille venait de Silésie. « Un romain ! m’exclamai-je. — Eh, no… à Rome, ils ne me reconnaissent pas comme romain, ils m’ont excommunié… J’ai quitté Rome trop jeune… j’ai perdu la parlata… » Dans la bonne tradition de l’Europe orientale, Amos nous raconta son parcours émaillé d’anecdotes. Quand il arriva en Palestine, du temps du mandat britannique, les premiers colons allemands et russes qu’il rencontra s’étonnèrent qu’il ait quitté l’Italie, un si beau pays, pour ce bout de désert… « Eh, si… un beau pays… j’adorais Rome… mais comment leur dire, on avait quelques problèmes… c’était le fascisme… » Il se souvenait d’un médecin allemand dans l’unité de combattants de la Haganah qui, à chaque fois qu’il s’apprêtait à vacciner un de ses hommes, déclarait avec une grande fierté dans son accent prussien : « Avec cette seringue, moi vacciner Kaiser ! » Amos secoue la tête rêveur : « Il y tenait, le bougre, à son Kaiser… » Beaucoup de ces nouveaux migrants de la terre promise avaient des rapports très courtois avec les administrateurs britanniques. Le mot de Churchill leur avait donné de l’espoir. Quand on avait demandé au ministre anglais, au plus fort des bombardements de la Luftwaffe contre l’Angleterre, si c’était « le commencement de la fin », il avait répondu tranquillement : « Si c’est le commencement de la fin, ça je ne saurais vous dire. Mais une chose est sûre, on est à la fin du commencement. »

« T’as perdu l’espace ? me demande Katia comme nous marchons vers chez elle, traversant le sestier San Polo jusqu’à Dorsoduro à la fin de cette soirée. — Perdu l’espace ? — Ton signe espace… dans tes messages il y a à chaque fois entre les mots le signe plus plus plus… « Ciao+… Poka+… »… — Ah, sur mon nouveau cellulaire italien, je ne m’y retrouve pas avec les signes… »

J’observais que la lune était pleine dans le ciel de Campo Santo Stefano… « Tu le vois où, toi, le turban d’Allah ? lui demandai-je. Elle s’arrête et me regarde, m’intimant un défi : — Tu veux que je te récite les Vers sur la campagne d’hiver 1980 ? » À la parution de ce poème, j’avais envoyé à Brodsky une copie de la lettre d’une amie anglaise, avec son commentaire : « Oui, c’est une poésie magnifique, même si tout ne m’est pas clair… je suis anglaise, tu sais… Quel turban d’Allah ? » Suivaient d’autres considérations plus personnelles… Et là, en levant les yeux dans le grand ciel de l’Avent, tout était clair… « Sam, s’était-il exclamé au téléphone, je te demande de choisir tes petites amies, à l’avenir… »

Le lendemain, nous nous retrouvons avec Katia dans le salon de la pension Ruskin à prendre un café. Nous regardons par la baie vitrée les mouvements de l’extérieur. Deux silhouettes passent sur le pont, la soutane gonflée comme un foc par le vent. « Voilà deux séminaristes de Tashkent…  me dit Katia à voix basse. Silence. Le plombier de la pensione Seguso… poursuit-elle. Le poète écossais de Canareggio… La maîtresse d’école de Sasha… — Tiens, un académicien français et sa fille… me manifestai-je à mon tour, en proie à une vision. Je regrette de n’avoir rien de mieux à t’offrir… Oh ! Et voici Barras ! — Barras ? — Les « grognards » sont de retour! Aiuto! Na pomosh’! » Un visage obtus fit son entrée dans le salon de l’hôtel. Un tribun-journaliste parisien. Que faisait-il dans cette île de la Chrétienté ? On entendit à ce moment les cloches de l’église voisine qui se mirent à sonner à la volée. Etait-ce pour sauver son âme ? Ou pour sonner l’alarme ? L’homme n’entendait pas cette voix céleste. Il gardait un air sévère, vaguement inquiet, jetait un regard furtif tout alentour, saisissant au passage dans son champs de vision mon cahier, le livre de poèmes dans une langue qui lui était étrangère… Je le vis affolé, comme tous les colporteurs en bonheur de l’humanité condamnés à jouer les zélés gardiens de l’enfer. « Tant qu’ils auront des tables bien servies et des vagins dans lesquels éjaculer… que veux-tu qu’ils fassent de la parole des Evangiles ?  m’avait dit mon ami Dimitri. Il faut bien le reconnaître, ils ont des arguments imparables… — Lesquels ? m’étais-je exclamé. Il avait eu un rire indulgent. — Le commerce, voyons ! — Alors pourquoi clament-ils leur dégoût de l’argent à toute heure sur les ondes ? (mon affection me poussait souvent dans le rôle de l’Idiot avec lui). — Mais écoute… c’est la règle d’or, enfin ! Le dégoût, c’est la parade suprême… c’est la béatification! » Nous nous regardions avec Katia et la pensée qui nous visitait était évidente, elle se passait de mots : « La compassion n’est pas une chose facile… »

Post-Scriptum

Le tribun au front obtus montrait quelque signe d’inquiétude à chaque fois qu’il m’apercevait pendant son court séjour dans l’hôtel des Zattere. Je l’avais croisé sur un trottoir, à Paris, un jour de printemps, tandis qu’il faisait les cent pas en clamant son programme pour “L’Homme Nouveau” dans son cellulaire, en vue d’un grand débat sur le futur dans les terres de province. On ne pouvait fouler innocemment cette extention des bureaux de la rédaction progressiste sans en être un membre affilié, aussi, objet anonyme, avais-je eu droit à ses œillades inquisitrices. De surcroît, j’avais répondu par un sourire aimable à son regard latéral, défense que je continuais à appliquer six mois plus tard et quelques centaines de lieues plus au sud, avec le même effet de panique chez l’homme, qui baissait la tête, détournait les yeux ou s’enfouissait derrière les pages d’un journal dont il se servait comme couverture. Cet homme était traqué, me dis-je. J’étais dans la peau d’un chasseur de nazis malgré lui, dont la victime, en fuite, se sentait rattrapée, sauf que dans ce cas, il s’agissait d’un héritier de la Terreur, au service de la doctrine matérialiste. Dieu que le mal est difficile à voir! On ne sait où trouver les mots pour le dire, ni comment le montrer… on voudrait trouver le remède pour redonner l’espoir…


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